Arrêt total = tabac + vapoteDévape et addiction à la nicotine

Vous avez tout arrêté, le tabac et la cigarette électronique, mettez vos témoignages ici.
brevot
Vapoteur à la cantine
Vapoteur à la cantine
Messages : 34
Enregistré le : mer. 13 mars 2019, 17:44
Genre : Homme

Re: Dévape et addiction à la nicotine

Message par brevot » ven. 15 mars 2019, 19:15

Red Rhum

Le but de ce post n'était pas vraiment d'évaluer les compétences des uns et des autres en matière scientifique, mais plutôt de discuter des expériences communes ou des des expériences différentes dans l'addiction à la nicotine. Je te réponds puis j'aimerais bien revenir au sujet initial.

Sur le sujet de la pratique scientifique, les théories et les études s’évaluent d'abord par leur méthodes, certes. Les théories doivent être cohérentes (ne pas se contredire), et dans le cas d'études empiriques, elles doivent avoir un protocole rigoureux (choisir un panel représentatif, faire des expériences témoins, etc.). Les études ont aussi une valeur si elles font des hypothèses pertinentes, en relevant le facteur important rendant compte du phénomène à expliquer, et que d'autres études précédentes avaient pu négliger ou ne pas voir du tout (tel que l'importance des IMAO dans l'addictivité de la nicotine, qui n'avait pas été relevé avant récemment). Mais, à moins d'omniscience divine de la part des chercheurs, aucune étude ne peut tenir compte de tous les facteurs rendant compte d'un phénomène, et c'est pourquoi les études et les théories scientifiques se nourrissent des démentis des cas particuliers, qui les conduit à s'affiner, à se transformer, et parfois à perdre en portée: il faut parfois admettre qu'elles n'expliquent pas tous les phénomènes. Ce constat ne revient pas à dénier leur valeur, mais seulement à reconnaitre qu'il y a une histoire, et aussi un progrès des sciences. Je regrette, toute l'histoire des sciences s'explique par une telle dynamique. Un exemple célèbre sans rentrer dans les détails: jusqu'au 20ème siècle, malgré le très grand pouvoir explicatif de la théorie newtonienne pour l'explication des phénomènes célestes et de la configuration de l'univers, on ne pouvait par son moyen expliquer certains phénomènes affectant la Planète Mercure (la théorie de Newton permettait d'expliquer tous les phénomènes célestes connus, sauf le "CAS PARTICULIER" de Mercure). Que fallait-il en conclure? Que les phénomènes qu'on observait liés à la planète Mercure n'existaient pas? Qu'on voyait mal? Or, en prenant en compte de nouveaux facteurs, qui n'existaient pas dans la théorie newtonienne, la théorie de la relativité générale, au 20ème siècle, parvint à expliquer ces phénomènes, et en cela, elle enleva une partie de sa portée à la théorie de Newton, sans la rendre fausse cependant.
Avant que la théorie de la relativité générale ne produise ce progrès, on pouvait bien dire que les phénomènes affectant la planète Mercure relevait d'une "anomalie", parce qu'ils ne se produisaient pas tels que la théorie de Newton prédisaient qu'ils DEVAIENT se produire, et à toutes les époques on trouve des gens qui raisonnent ainsi; il reste que c'est faire preuve de dogmatisme pour sauver une théorie, et que c'est antiscientifique.
Cela a du sens qu'une théorie prédise ce qu'il doit se produire, qu'une théorie permette par exemple de prévoir des évènements météorologiques, et ça marche. Mais en revanche c'est absurde de dire qu'un phénomène qui se produit ne s'est pas produit car la théorie dit qu'il ne doit pas se produire. Ce n'est pas ce que tu as voulu dire j'en suis sur, mais tout en prenant au sérieux les études scientifiques actuelles, on peut aussi reconnaitre qu'il y a des phénomènes qu'elles n'expliquent peut-être pas, et que le progrès à faire se trouve de ce côté là.

Sur le fait que je ne serais pas assez objectif pour évaluer mon addiction. Il n'existe pas vraiment de test assez précis pour évaluer un degré d'addiction à la nicotine, alors assez naturellement je m'en remets à l'observation de ce qui se passe quand j'arrête d'en consommer. Il est possible de consulter un médecin, tabacologue par exemple, mais tu dois savoir qu'en médecine, en l'absence d'outils de mesure OBJECTIFS tels que celui du taux de sucre dans le sang pour le diabète par exemple, on s'en remet à l'observation CLINIQUE: un tabacologue ferait donc la même chose que moi: il me demanderait ce qui se passe quand j'arrête de consommer de la nicotine. En quoi serait-il plus "objectif" que moi?

Cela dit, j'ai peut-être donné l'impression que les symptômes que j'observe sont alarmants, ce qui n'est pas le cas. J'ai bien tous ceux que j'ai décris quand je diminue ou arrête de consommer de la nicotine (des difficultés à me concentrer, à réfléchir, à organiser un discours, des pertes de mémoire, des oublis d'objets, des difficultés à m'orienter dans l'espace, à marcher sans trébucher, tendance à me cogner). Mais ils sont minimes, ils sont ceux d'un personne un peu maladroite, un peu tête-en-l'air, et c'est surement l'état normal de ceux qui sont un peu rêveurs. Moi je les remarque parce que je n'y suis pas habitué et que je me sens un peu désorienté, un peu diminué, avec cette impression de n'être pas en possession de tous mes moyens. Et ces symptômes sont surtout ceux des premiers jours; ce qui demeure assez longtemps hélas c'est la concentration réduite et une activité intellectuelle un peu morne. Mais ces derniers symptômes ne me sont pas spécifiques, une paire d'heures de lectures de témoignages d'abstinents me l'avait montré. C'est pourquoi je crois que je ne relève pas de la médecine, mais pourquoi pas consulter un tabacologue, tu as raison cela pourrait être utile pour recevoir des conseils et un soutien en cas de besoin, pour formaliser l'arrêt aussi.

Ensuite, bien sur que la culpabilité n'est pas un symptôme PHYSIOLOGIQUE: je disais seulement que l'absence de pression ou de culpabilité à l'idée de ne pas réussir à arrêter la vape me permettait de faire l'expérience du sevrage sans trop de difficulté d'ordre PSYCHOLOGIQUE, de sorte de pouvoir observer sereinement mes symptômes PHYSIOLOGIQUES, de manière ainsi plus "objective" certainement, car on a souvent tendance, dans le cas contraire où l'on serait anxieux, à surestimer les signaux reçus de notre corps.

Enfin, pour revenir au sujet, je ne rencontre pas d'angoisse à proprement parler lors du sevrage, mais plutôt de l'abattement. Et le stress que je trouve gênant lorsqu'on consomme de la nicotine, c'est plutôt une tension permanente, qui est peut-être positive d'un côté car c'est une sorte de vigilance, mais pas très fiable car elle a ses hauts et ses bas, au gré de l’approvisionnement en nicotine, et pour pour avoir expérimenté la vie sans, je trouve que ce stress est en partie inutile et néfaste.

Répondre

Retourner vers « Arrêt total = tabac + vapote »